En terrain mine
 
  
     

En terrain mine

Phonsavan, Laos le 23/03/2013

 

22/03

A 7h, nous montons dans le mini-van pour Phonsavan. Nous avons profité d´une offre spéciale à prix réduit, et ne sommes que tous les deux dans  ce véhicule de 15 places. Là encore, et on pressent que ce sera vrai dans tout le nord du pays, la route est pourrie et le paysage de montagne est magnifique, nous sillonons les crètes et les vallées. Le trajet dure 6h au lieu des 7 à 10h annoncées.

Nous trouvons rapidement une petite GH puis nous allons louer une moto sans attendre, pour nous rendre  à l´intrigante Plaine des Jarres. Il s´agit de milliers de jarres taillées dans de la pierre brute, réparties sur 90 sites.

 

Nous visitons les 2 sites principaux, de toute façon seuls 7 sont déminés. Ces jarres immenses, massives, mesurent parfois 2m et pèsent plusieurs tonnes. Leur signification et la civilisation qui les a fabriquées à l´age de fer (entre -500 et 200 aprés JC) reste un mystère. La Plaine des Jarres a été un lieu sratégique et un champ de batailles acharnées pendant la guerre du Vietnam, il y a des cratères d´obus à quelques mètres des jarres, et c´est un petit miracle que quelques unes soient restées intactes, assez étanches pour se remplir d´eau de pluie.

Nous rentrons ensuite à Phonsavan dans la fraicheur du soir. La route de terre défoncée, tantot sabloneuse et tantot boueuse est une catastrophe. Il y a aussi les voitures et camions qui soulèvent de gros nuages de poussière. Nous dépassons un camions en feu. Heureusement, le chemin  est bordé de rizières et de bassins, avec en arrière plan de petites montagnes; charmant.

Nous ne trouvons pas l´office de tourisme et allons voir une expo sur les bombardements subis par la région durant la guerre. Entre 1969 et 1973, les USA ont laché ici plus de 2 millions de tonnes de bombes, c´est l´une des régions les plus bombardées, dans le pays le plus bombardé au monde. C´était la "Guerre secrète": bien que la guerre n´ait pas été déclarée, les américains ont bombardé pour tenter de couper la piste Ho-Chi-Min qui reliait le Nord et le Sud du Vietnam par le Laos, et parceque c´était le fief du Pathtet Lao, les communistes Lao. 30% de ces bombes n´ont pas explosé, et restent actives, ce qui cause encore plusieurs centaines de morts par an. Les gens sont pauvres car les terrains cultivés sont trop petit pour satisfaire les besoins, et, malgré l´immense espace disponible, les paysans ne peuvent pas étendre leurs sultures, car ils sont certains de tomber sur une des centaines de milliers de munitions enfouies.

Aprés, on se fait un petit resto chinois mais la viande semble avariée. Quand à la GH, le ménage n´a pas été fait et la bouteille d´eau qui nous attend est déjà débouchée. Seul le prix de 5 euros nous décide à rester. La ville est on ne peut plus calme: à 20h il fait nuit noire et tout est éteint, on se couche à 20h30!

 

23/03

Nous déjeunons sur le balcon de la GH, à coté de vieilles armes et d´obus couverts de poussière qui feraient palir d´envie les collectionneurs de chez nous.

Phonsavan et sa région sont peu touristiques, et comme c´est la basse-saison, on ne voit absolument aucun autre occidental.

Nous démarrons de bon matin en direction de l´Est, et faisons une première halte au grand marché des villages. Pas de chance, on nous dit qu´il n´a lieu que le dimanche. Il y a quand meme une dizaine de stands le long de la route, où nous achetons un baton de bambou fourré de sticky rice aux haricots rouges sucré. Nous poursuivons notre route pour aller au "village des bombes", où les habitants les ont intégrées dans l´architecture. Nous n´en voyons pas, donc nous continuons à pied jusqu´à une cascade. Puisqu´elle n´est indiquée que depuis la route principale, nous peinons un peu à la trouver, et subissons la chaleur. Nous demandons 5 ou 6 fois le chemin, difficilement, car ici personne ne parle un mot d´anglais. Le chemin descend en rétrécissant dans le bois. Nico se pique la main sur une chenille poilue posée sur un arbre et Lili voit un serpent tomber d´un arbre pour aller dans l´eau. Nous mangeons le baton de sticky rice et prenons un petit bain frais.

Nous retournons ensuite au village, en demandant les "bombies", et nous les trouvons. Les gens ont utilisé les carcasses de bombes pour servir de pilotis pour les petits abris ou les pigeonniers, de jardinières, de mangeoires.

Le village grouille d´enfants puisqu´on est samedi, Lili leur distribue la moitié des pastels que nous avions emmenées et qui commençaient a s´abimer. Ils sont contents mais ne semblent pas vraiment savoir quoi en faire.

On s´arrète ensuite dans un petit resto qui ne sert que de la soupe. Le vieux patron parle encore français et nous conseille d´aller au "village des trous de bombes". Les bombes y ont creusé de nombreux cratères, c´est impressionant. Beaucoup sont trés larges.

Nous sommes de retour à Phonsavan en moto via la route couverte de gravillons, et il est encore tot, meme si nous avons roulé à 40km/h. Pour passer le temps, nous allons voir le monuments aux morts, puis nous nous arretons à un bar-restaurant animé, sur pilotis au dessus d´un lac. C´est en fait un karaoké rempli de jeunes, qui sifflent de la bière en quantités inquiétantes. Nous buvons deux bouteilles, ce qui est trés peu selon les normes laotiennes, mangeons un bout, et nous appretons à partir, mais nous sommes rattrappés sur le parking par un jeune. Il nous invite à sa table avec ses amis, pour boire évidemment. Ils parlent à peine anglais, mais on fait les présentations et ils sont contents de trinquer avec nous. Ils refusent catégoriquement qu´on paye. On reste un petit moment, puis on s´en va avant d´etre dans le meme état qu´eux.

 

24/03

A 8h15, nous attendons sagement le mini-bus qui doit nous ramener à Luang-Prabang. A 8h45, toujours rien et notre hote s´inquiète. A juste titre. Elle apelle un tuk-tuk, qui nous emmène à la gare, mais comme le mini-van nous a oublié, il faut partir à sa rencontre en tuk-tuk. Lorsque nous montons enfin dedans, il est plein. Nos sacs sont chargés sur le toit, à la merci de la poussiére, et nous prenons place sur des strapontins instables et dépourvus d´appui-tetes. Le trajet parait trés trés long dans ces conditions. Ca tourne, ca saute, les siéges tanguent, il fait chaud, et un lao est malade.

Ps: Nous vous invitons a aller voir l'album photo correspondant, comme toujours.


 

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