Les thailandais, petit traite de sociologie ... a 2 balles
 
  
     

Les thailandais, petit traite de sociologie ... a 2 balles

Thailand, Thaïlande le 27/02/2013

Les Thailandais

La majorité des thais ne parle pas vraiment anglais, ou seulement quelques mots utiles. Heureusement, il y a toujours quelqu´un qui le parle assez pour nous renseigner, que ce soit dans les bus ou dans les rues de Bangkok. Ailleurs, et notamment au Nord de la capitale, moins touristique, c´est plus difficile.

Le souci, c´est surtout que leurs indications géographiques sont érronées 2 fois sur 3. Les commerçants connaissent rarement le nom des rues voisines, et leurs cartes sont imprécises, mais de toute façon trés peu savent se repérer dessus. On a les exemples d´une vendeuse de scooters qui nous a fait faire 2kms à pied alors que le Tourist office que nous cherchions était dans sa rue à 50m de sa boutique, et de gérants d´hotels qui ne situent pas correctement leurs établissements sur la carte qu´ils distribuent. Pratique! Du coup on fait beaucoup de détours, baladés de droite à gauche, mais ca nous fait surtout rire, sauf quand il fait 40° et qu´on porte nos sacs à dos... Là, on préférerait largement qu´ils avouent ne pas savoir.

Pour etre juste, je dois aussi dire qu´il nous est aussi arrivé d´etre trés bien aiguillés, avec meme une fois croquis à l´appui.

En outre, le  langage gestuel n´est pas d´une grande aide, on y voit un fossé culturel. Par exemple, lorsque j´ai cassé mon Opinel en voulant ouvrir un durian, il a fallu essayer de trouver un autre canif (Défi tjs en cours, comme pour mes lames de rasoir). On a renoncé à demander à notre tuk-tuk où en trouver (nous etions au marché): il a voulu nous emmener manger du poulet, puis du steak, et je sais plus quoi de plus incongru. Tant pis.

Les thais sont quand meme en grande majorité assez fermés, et mis à part de rares rencontres, on ne se retrouve pas vraiment, pour l´instant, dans la réputation de peuple trés accueillant qui en a fait "le pays du sourire".

Dés l´arrivée à Bangkok, nous avons senti que les thailandais sont habitués aux touristes. La premiére réceptioniste à qui nous avons eu affaire était désagréable. Aprés la chaleur des birmans, c´était la douche froide. Ensuite, nous nous sommes apercus que les moins agréables sont ceux qui travaillent réguliérement au contact des touristes, ils sont trés froids et ont l´air complétement blasés, voire pire.

D´un autre coté, ils sont tellement entourés de touristes, qu´ils ne peuvent pas etre sans arret chaleureux. On comprend les thais de Kaosan road, qui est le quartier de parquage des touristes etrangers, où se concentrent des centaines et des centaines de blancs sur un petit périmétre. Il devient majoritairement peuplé de gens saouls aprés 20h.

Les simples passants, ou les tout petits commerçants sont parfois trés aimables, et nous le remarquons d´autant plus. Les exemples nous restent donc en mémoire: les 3 copains de Baiyoke qui nous ont invité à leur table, 2 restaurateurs de Ko Phangan et leur collegue de Ko Lanta, la dame qui nous a aidé lors de la panne d´essence, le chauffeur d´un bus de ville à Bangkok dans lequel nous étions montés au pif et qui s´est carrément arrété pour regarder notre carte, nous indiquer le bus à prendre, et qui nous a fait faire un bout de chemin gratuitement.

Les plus énervants, ce sont sans aucun doute ceux qui bossent pour les compagnies de bus de tourisme, et qui rendent les voyages à l´intérieur du pays un peu stressants.

Pourtant les moyens de transport sont tout à fait acceptables. La route est en bon état, les bus et ferries sont récents, les minivans sont confortables.

La où débutent les soucis, c´est qu´un trajet comporte plusieurs étapes, et qu´à chaque étape il faut attendre longtemps le véhicule suivant. Malgré ceci et l´heure (ou 2h) de retard fréquente, ça pourrait etre trés supportable, car aprés tout on a le temps. Mais le plus pénible, le plus prodigieusement agaçant, c´est que les employés des compagnies se gardent bien de nous expliquer quoi que ce soit, meme si le bus est en panne et qu´on va devoir attendre des heures sous la pluie, les moustiques ou dans la nuit.

Leur tache est de nous faire coller et décoller des étiquettes sur le T-shirt. Ils adorent aboyer des ordres pour nous appeler, nous prendre pour des moutons, et nous ignorer copieusement tout le -long- reste du temps. Maintenant, on sait qu´il ne faut pas les lacher jusqu´à avoir obtenu satisfaction, meme si on voit bien qu´ils n´ont pas envie de répondre.

Sinon, et meme si Bangkok est une ville gigantesque, trés éclairée, animée, trés peuplée, on ne s´y est jamais senti oppressés comme ça a été parfois le cas à New Yok. Elle conserve un peu le tempérament "No stress, rien ne sert de s´exciter" bien visible chez les serveurs par exemple. La preuve, on y est resté 8 jours, peut-etre pour reprendre une dose de modernité aprés la Birmanie.

Les thais, comme les birmans, sont trés croyants et pratiquants. C´est aussi bien le cas des bouddhistes, majoritaires, que des musulmans du Sud que nous avons fréquentés à Koh Lanta. Les lieux de culte sont nombreux, fréquentés, bien entretenus, et parfois en construction. Une chose différencie pourtant énormément les thailandais des birmans dans leur maniére de vivre leur religion, c´est leur rapport à l´état.

On avait parfois senti que les birmans trouvaient dans la religion de la force pour relativiser leur sort et supporter les injustices que leur fait subir la junte. Le bouddisme est aussi en Birmanie un contre-pouvoir, en témoigne la révolte des bonzes réprimée dans le sang, mais c´est surtout une bouffée d´oxygéne, une bouée, au meme titre que les portraits d´Aung San Suu Kyi affichés dans les maisons.

En Thailande, l´Etat, c´est le Roi, meme s´il ne gouverne pas les affaires courantes du pays. Et comme il est de droit divin, il est respecté et véneré comme Bouddha lui-meme, si ce n´est plus. Il semble trés trés apprécié, ainsi que sa reine. Ses immenses portraits sont affichés sur les routes et dans les maisons. Il rassemble un peuple soudé autour de lui. C´est donc un bouddhisme un petit peu moins fervent qu´en Birmanie, mais qui agit comme ciment de l´état et de la société. Cela pose quand meme quelques problèmes dans le droit d´expression: puisque le Roi représente Bouddha et que l´Etat c´est le Roi, on ne peut pas critiquer les policiers, les fonctionnaires, et seulement trés diplomatiquement le gouvernement... Cela a l´avantage de former une société très disciplinée sans nécessiter d´appareil répressif trés puissant. 

 

 

En Thailande, de meme qu´en Birmanie, les femmes semblent occuper quasiment la meme place que les hommes, ainsi que les memes boulots. On les retrouve dans la restauration, les commerces, le tourisme, la santé, les transports. Elles paraissent nombreuses à suivre des études et parlent souvent bien anglais.


 

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