Saigon: Culture et societe
 
  
     

Saigon: Culture et societe

Ho Chi Minh City, Vietnam le 27/05/2013

 

21/05

Après avoir englouti une assiette de porc grillé et du riz pour le petit déj´, nous sommes conduits à l´arret de bus par nos hotes, qui nous offrent gentiment des bouteilles d´eau et des fruits pour la route.
Le bus est un express, qui, pour quasi le prix d´un bus local, nous emmène vite et confortablement à Saigon. Il est neuf, dispose de la clim, ne s´arrete pas sans arret, et n´est meme pas plein: le grand luxe!

Nous arrivons vers midi à Saigon, renommée Ho-Chi-Minh Ville à la réunification en 1975 (HCMV), mais les gens utilisent indifferemment les deux noms. Nous avons tendance à dire Saigon, plus simple et plus savoureux. Bref, une fois en ville, nous essayons de nous débrouiller sans taxi et avec les bus de ville. Ce n´est pas facile, et personne ne sait bien nous renseigner. Nous sommes sur le point d´abandonner, lorsque nous finissons par trouver un bus qui nous emmène au quartier routard.

Là, une femme nous repère et nous conduit dans une ruelle, à une chambre petite mais propre dans une maison individuelle. C´est une maison haute de trois étages mais étroite (la surface au sol doit etre de 15m²), un style architectural courant au Vietnam, et parfois très étonnant lorsque ces maisons sont plantées sur un terrain vide. Nous allons arpenter le paté de maisons animé et son lacis de ruelles, pour repérer les restaurants et bistros pas chers, se renseigner sur le cout des excursions, et surtout comparer les prix des hotels du coin, puisque nous nous sommes installés avant de l´avoir fait. En rentrant, nous avons des éléments pour marchander et obtenons une bonne remise sur la chambre puisque nous restons une semaine, et récupérons en plus de ça une chambre avec air conditionné! La première depuis Bangkok!


22/05

Nous partons faire la promenade dans le quartier chic et historique de Don Khoi, qui est indiquée dans notre guide. Nous passons par le marché Ben Tranh manger un plat rapide et un fameux caphé da´. Dans ce coin de Saigon, tout est évidemment plus cher qu´à la campagne, surtout pour manger, et nous négocions aussi ce repas.

Nous passons notre longue marche à détailler les gratte-ciel, les hotels de luxe qui ont tous une histoire à  raconter, la belle poste centrale, la grande cathédrale de brique rouge importée par les français qui se retrouve aujourd´hui encerlée par la route, et l´opéra classique. Sur les marches de ce derniers, des filles costumées vendent à prix réduit un spectacle typiquement vietnamien joué ce soir meme. La curiosité pour le spectacle et son cadre nous font accepter.
 
 

Pour midi nous nous arretons dans un fast food viet, Pho 24. C´est toujours de la soupe de nouilles au boeuf, mais c´est bon. Nous rentrons à la chambre vers 15h, fatigués et en sueur, mais, pas de chance, il y a une coupure d´electricité qui nous prive de l´air cond et des ventilos. Heureusement, il reste la douche froide. Après un moment de lecture, de couture, et une bière, nous sortons pour nous rendre à l´opéra, juste au moment où le courant revient.
 


Le spectacle est centré sur les contes et légendes du pays. Les décors sont bons, les acrobaties impressionantes, et les musiciens et chanteurs sont vraiment doués. Il manque par contre une bonne dose de professionalisme dans la mise en scène, et un peu de travail pour corriger pas mal d´imprécisions et de petites erreurs techniques. De meme, si certains costumes sont splendides, d´autres seraient plus à leur place dans une kermesse. Bref, le tout est loin du niveau d´un opéra européen, mais nous nous laissons pourtant absorber par l´athmosphère et l´originalité de la chose , surtout grace à la magie des parties musicales.
 
 

A la sortie de l´Opéra, nous nous retrouvons dans le quartier chic à la nuit tombée, et en profitons pour poursuivre cette soirée jet-set en beauté. Nous montons jusqu´au bar situé au 23e étage du Shératon Hotel, où nous sirotons un cocktail en profitant d´une des plus belles vues de la ville, sur les immeubles illuminés, les néons multicolores, et les phares des motos, partout.
 

 

23/05

Nous sortons à 8h, et sortons sans déranger le jeune couple de la famille qui nous héberge, qui dort avec son enfant à meme le sol du rez de chaussée/cuisine/ hall d´entrée/piéce à vivre. Ils ont pourtant trois chambres au-dessus d´eux, et la famille a une autre possession de l´autre coté de la rue. La maison familiale est devenue le gagne-pain, et ils n´ont meme plus de lit pour dormir. Cela illustre la vie de ces vietnamiens, dont la maison de famille et devenue un outil de travail, transformée en hotel, en laverie, en atelier de couture ou en restaurant; au détriment de leur confort, et parfois de leur intimité. Nous comprenons que nous sommes logés au black, raison pour laquelle on ne nous a pas demandé de passeport.
 
 

C´est parti pour une longue journée culturelle. Nous petit-déjeunons dans la rue, et allons au Musée des beaux-arts, qui présente de très belles oeuvres. Nous passons par la mosquée indienne (meme si les indiens sont partis depuis longtemps), où l´impression de calme et de paix est surprenante. Nous allons au Musée de la réunification, où on nous passe un documentaire, et où on visite les appartements du président d´après guerre: les salles de réception impressionnantes, les salons, les salles de banquet, les chambres, les salles de jeu, le cinéma, la salle de bal; et le sous-sol qui abrite les cuisines, la salle de tir, les salles des cartes et de commandement en temps de guerre, de liaison, etc.

Nous enchainons avec le très fréquenté Musée des souvenirs de guerre. Ce très bon musée est centré sur la période de la Guerre américaine, comme on dit ici. Il met en lumière le génocide perpétré par les USA, qui ont causé la mort environ de 3 millions de gens (dont 75% de civils, ce qui a contribué à en faire des combattants) à l´aide d´un nombre inconcevable et totalement démesuré de bombes, mais aussi de produits chimiques (comme le fameux agent orange, qui continue de causer des maladies, et des handicaps chez les bébés), de napalm et meme de gaz toxiques. Les USA, incapables de dominer les viets-cong sous équipés mais ingénieux et ultra-déteminés, ont versé dans la surenchère et le déluge de bombes, de manière irraisonnée, pensant vaincre grace à leur puissance de feu: lorsque 300 millions de dollars de bombes étaient larguées, ils ne consacraient que 300$ au renseignement, ce qui explique l´inefficacité des bombardements au vu de leur quantité. Le musée est très bien documenté, meme si forcément un peu propagandiste, avec en particulier une collection de photos de guerre absolument passionante.
 

Nous rentrons ensuite à notre quartier, en prenant le temps d´admirer l´incroyable trafic routier, composé à 90% de motos, qui s´entassent au feu rouge et s´élancent au feu vert en un banc rugissant, évitant agilement les autres motos ou voitures qui viennent leur couper la route. Le code de la route fait l´objet d´une mise en pratique tout à fait originale ici comme partout en Asie, qu´il convient de bien avoir assimilé avant de se lancer, sous peine d´accrochage assuré. Pour tourner à  gauche, on doit couper les carrefours en rasant au max le trottoir de gauche; les camions et bus ont le droit de tout faire et ont toujours la priorité, ils font comme si les motos n´étaient pas là; les passages piétons ne servent à rien; la circulation à contresens sert de voie d´insertion; mieux vaut tendre le bras que de mettre son cligno; ne jamais piler, toujours esquiver; etc.
 
 

Nous observons aussi les fils électriques et téléphoniques hallucinants, qui pendent entre les poteaux, regroupés par boudins de 30cms de diamètre, soutenus par un cable, et forment un gros sacs de noeud à  chaque poteau. On dirait qu´il y a un fil par maison.
 



24/05

Aprés une bonne nuit de sommeil, nous montons dans un bus de ville pour Cholon,  le quartier chinois.. Il y a là un immense et beau marché couvert de style chinois, où les commerçants sont essentiellement des grossistes. Nous y mangeons deux assiettes composées, pour compléter notre Banh Bao du matin.
 
 

Nous nous engageons ensuite dans les rues de ce district éloigné du centre de Saigon, où les habitants sont contents de nous voir. Nous visitons pas moins de huit pagodes chinoises, regroupées dans un petit périmétre. Elles sont toutes trés belles, enfumées d´encens, remplie de vie par la ferveur des nombreux fidéles, abritant les tortues et poissons qui sont leurs gardiens.
 
 
 
 25/05

Ce matin, nous partons à nouveau à l´assaut des longues rues de Saigon, après un petit déj pris dans la rue avec un sandwich (ban mi), un beignet (banh bao), et un délicieux café au lait glacé (sua da).

 

Nous commençons par le musée HCMV, qui retrace l´histoire de la ville, mais ne nous laissera pas un grand souvenir.

Nous faisons un saut dans les boutiques de fringues de marques, mais la difference de prix par rapport à la France n´est pas significative, à moins d´opter pour une contrefaçon.

Nous prenons le bus jusqu´à la très belle pagode de l´Empereur de jade, qui abrite un bon paquet de tortues, et   d´impressionantes statues en... papier maché!

 

 

Nous nous arretons pour midi dans un resto spécialisé dans la cuisine de Danang, au centre du pays. C´est bon et copieux, mais comme nous sommes les seuls clients, le serveur trop content de pouvoir pratiquer son anglais nous fait la conversation pendant une heure, "empechant" Nico de manger.

Nous finissons notre tour par le musée d´histoire, qui s´avère très bon, agréablement agencé et présentant de superbes collection. Cerise sur le gateau, il y a des légendes en français. Les pièces présentées sont intéressantes et très bien conservées, meme celles qui ont plus de mille ans, comme les statues Chams du panthéon hindou. Pour ajouter un peu de folklore à la visite, nous nous laissons tenter par un spectacle de marionnettes sur l´eau, une spécificité vietnamienne, mais la qualité n´est pas au rendez-vous.

 

 

26/05

Pas grand chose de prévu aujourd´hui, c´est l´étape de repos. Nous prenons notre petit dej´ habituel, auquel nous ajoutons un ban xeo, une galette fine fourrée à la viande et aux légumes.

Nous profitons ensuite d´une promo pour aller se faire dorloter au spa. Massage au pierres chaudes pour Nico (1h, 4€) et épilation, gommage, et masssage du corps pour Lili (2h30). Le tout est trés professionel, dans un cadre zen et avec un personnel compétent et aux petits soins.

Nous allons ensuite passer un long moment sur internet, nous avons pas mal de choses à faire puisque les cybers se sont fait rares, comme voir nos mails, completer ce blog, les infos générales ou regarder les résumés des matches importants.

Nous allons ensuite trainailler dans une rue animée, colorée par les néons des enseignes, et choisissons un restau indien où nous savourons le mouton masala, qui nous change agréablement des soupes de nouilles.

 

27/05

Aujourd´hui, nous devons visiter les tunnels de Cu Chi puis le plus grand temple Caodaiste du pays. Au moment de partir avec le bus, le guide nous dit que le temple est fermé pour la journée. Nous comprenons tout de suite que c´est un mensonge, alors nous ralons, mettons la pression, mais rien n´y fait, et il est trop tard pour réagir, puisque nous devons quitter la ville demain. Meme si on nous rembourse la somme correspondante, nous sommes decus, car ce temple s´annonçait vraiment intéressant, et très différent, à l´image de la secte de Cao Dai. Nous supposons que trop peu de monde s´est inscrit pour cette partie de sortie.

Le bus fait un arret à une fabrique d´objets laqués qui emploie des travailleurs handicapés, à cause de l´agent orange. Nous nous demandons quand meme si tous les handicaps sont vraiment imputables à la dioxine ou si on les y associe systématiquement.

 

En tout cas, ils produisent des objet d´une qualité fantastique avec des coquilles d´oeuf, de la nacre, de la peinture, sur du bois ou de la laque. Ce n´est pas donné mais le rapport qualité/prix est exceptionnel. Il y a meme une représentation de la célebre photo de Vy.

 

 

Cu Chi, c´est l´endroit où les Viet-congs avaient creusé des galeries sous-terraines pour pouvoir (sur)vivre  et se cacher et organiser la rébellion dans la région de Saigon, la capitale du Sud-Vietnam et fief des forces Américaines. Ils avaient construit un réseau très complexe et efficace de tunnels, sur plus de 200kms de long, munis de multiples pièges et sécurités, si bien que l´armée du Sud n´a jamais pu les détruire, malgré des bombardements intensifs.

 

Nous testons les trappes d´entrée bien camouflées, parcourons des tronçons de tunnels étroits, étouffants, sinueux, et pourtant agrandis pour les touristes. Nous découvrons certaines de leurs ingénieuses trouvailles: les pièges atroces et efficaces camouflés dans la jungle, les chaussures à semelle inversée, les aérations des tunnels, etc. Nous sommes impressionnés par leur détermination, qui les a poussé à rester plusieurs années dans ce labyrinthe, sans lumière, sous les bombes et les attaques, à manger du manioc et à opérer de nuit.

 

En soirée, nous craquons pour une bonne pizza qui nous rempli bien l´estomac.


 

Commentaires

 Cyss
En effet la trappe est bien rikiki et introuvable !
 Nicolili
Merci
 Marraine Anne
Mais quel programme ! C'est admirable ! Merci pour ces pages culturelles et vos reportages photos, on passe un très bon moment à vous lire.



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