Une ville hors du temps.
 
  
     

Une ville hors du temps.

Hoi An, Vietnam le 21/06/2013

16/06

A l´arrivée en gare de Hoi An, nous repoussons les taxis et partons à pied car le centre-ville est assez proche et qu´on se méfie désormais. Nous mettons un moment à trouver un hotel qui corresponde à notre budget, la faute à un festival qui s´annonce. Nous sortons pour aller manger dans la vieille ville. Au bord de l´eau, il y fait incroyablement bon et les rues sont joliments éclairées grace à des lanternes de papier. Les trottoirs sont bordés par des restaurants, des boutiques d´artisanat, et surtout les nombreuses enseignes des tailleurs de vetements, qui sont la grande spécificité de la  ville et en font en partie la renommée.

Grace à un pont illuminé nous passons sur l´ile de An Hoi, trés animée avec ses restau et ses bars pour tous les gouts et tous budgets et ses petits revendeurs.
 
 
 

17/07

En fin de matinée, nous louons un scooter faute de mieux et partons au site historique de My Son, à  seulement 45kms. Ce fut une cité Cham, habitée sur la longue période s´étendant entre le IVe et le XIVe siècle. Ce site classé UNESCO est le quatrième d´Asie du S.E en importance, aprés Angkor, Bagan et Ayutthaya (pour nous après Sukhotai également). Découvert et restauré par les français en leur temps, il a malheureusement été en grande partie endommagé et meme pour une bonne partie détruit par les copieux bombardements américains. Le principal édifice a été pulvérisé, d´autres ne tiennent que grace à des étais, et c´est une chance que deux ensembles soient encore en bon état au vu des immenses cratères de bombes qui les entoure.
 Le site est encore en cours de restauration. C´est beau mais on en fait assez vite le tour et surtout on loupe de quelques jours le festival qui s´y déroulera avec musiques et danses au beau milieu des vestiges.
 
 
 

Nous nous arretons prendre un café sur la route, dans un minuscule hameau où personne ne doit jamais s´arreter, car les gens sont contents de nous voir, de parler avec nous et de se faire prendre en photo. Une dame particulièrement curieuse, essaye nos montres, nos lunettes de soleil, l´appareil photo, et elle en est toute heureuse. Elle adore tellement Lili qu´elle lui arrache un cheveu blanc car ça ne fait pas bien d´en avoir et goute meme à son café en léchant sans prévenir sa petite cuillère avant de la remettre dans la tasse.
Nous faisons tant bien que mal la conversation et restons avec eux une heure car c´est un plaisir de passer du temps avec ces gens qui sont simples et sympathiques mais loin d´etre betes. Nous refusons la petite coupe que nous propose la coiffeuse du village, mais pas le thé dont on nous rempli les verres! Nous leur montrons nos cartes postales restantes du Myanmar et du Cambodge, que nous avions sur nous par hasard, et vu leur intéret nous leur en laissons quelques unes.
 
 

Juste avant de revenir dans Hoi An, nous faisons escale dans un village de potiers pour y voir les artisans à l´oeuvre. Les tours des potiers sont actionnés par le pied d´un assistant. Une dame propose à Lili d´essayer, et elle réalise un joli petit vase, en étant bien guidée.
 
 
 
 
Ce village au bord de l´eau est aussi un repaire de pecheurs, et les femmes cuisent les poissons de façon curieuse.
 
 

C´est en quittant ce village, à moins de 3kms de notre hotel, que notre pneu arrière crève. Ce n´est pas un probleme ici, tant on trouve de petits réparateurs de motos partout. N´empeche que la chambre à air a été complétement éventrée par un petit clou, et que la nouvelle n´est pas donnée. On se dit que ça devait bien nous arriver une fois avec tout le temps que nous passons à moto, et que cela aurait pu tomber plus mal.

Le soir, nous allons nous régaler avec les splendides spécialités locales: Wonton, Rose blanche, nems croustillants et Cau lao.
 
 
 
 

18/06

Aujourd´hui nous sommes plus matinaux car une longue route nous attend. Nous louons encore une fois une moto et montons à Danang.
Nous y visitons le super Musée d´art Cham où sont exposées de trés remarquables sculptures, dont certaines parmi les plus belles furent heureusement acheminées depuis My Son par les Français avant la guerre. Cela nous rappelle beaucoup l´art Khmer angkorien.
 
 
Nous regardons en passant la cathédrale, rose, puis un temple de la secte de Cao Dai qui est trés populaire à Danang.  Elle prone une religion syncrétique, c´est pourquoi Mahomet, Jésus, Lao Tseu, Bouddha et Confucius sont représentés cote à cote et que derrière l´autel se trouve une énorme boule ornée d´un grand oeil.
 

Nous déjeunons rapidement puis poursuivons vers le Nord le long de l´impressionante plage de la baie de Danang pendant 10kms. Nous gravissons ensuite une montagne grace à une route sinueuse qui nous offre plusieurs magnifiques panoramas sur la mer en contrebas.
 
 
 
Lorsque nous atteignons le col de Hai Van, à 460m d´altitude, nous pouvons observer deux bunkers et 2 grandes portes chinoises antiques marquées par les balles.
 

Nous redescendons tranquillement de l´autre coté, nous arretant pour les photos mais aussi sur l´ordre des gardes-barriére pour laisser passer le train. Une fois en bas, nous avons la mer sur la droite, et sur la gauche un lagon trés peu profond où l´on produit des huitres. Avec la chaine de montagnes en arriére plan, le tout est trés harmonieux, saisissant de simplicité et d´authenticité.
 
 
 

Nous poursuivons encore jusqu´à longer une autre plage immense, inondée de soleil. Séparée de la route par un cordon de dunes basses, elle fait au moins 50m de large pour une dizaine de kms de long. Comme elle est déserte à perte de vue, on ne s´embarasse pas des maillots de bain. La mer est excellente, claire, fraiche juste comme il faut et un peu agitée. 1h30 plus tard, nous repartons presque à regrets de ce petit bout de paradis, mais nous avons 80kms à faire pour rentrer.
 
 

Nous prenons quand meme le temps de boire un café à une terrasse à flanc de montagne avec une petite vieille attachante, puis de manger un Bùn sur un trottoir de Danang, où Nico se retrouve bien embarrassé avec un gros bébé dans les bras (mais pas plus que le gosse!).
 
 

En soirée, nous dénichons un restau avec un petit jardin où nous dégustons à nouveau les délicieuses spécialités très locales de Hoi An.
 
 

19/06

Lorsque nous quittons la chambre ce matin, nous sommes retenus par la fille de l´hotel, qui veut nous faire changer de chambre au pretexte qu´un groupe de viets a réservé. Nous pressentons le bobar car les viets en vacances ne vont pas dans les hotels où rien ne fonctionne, mais nous acceptons de voir ce qu´elle nous propose. Ce ne sont que des piaules minables aux prix fluctuants. Devant tant de mauvaise foi, nous décidons de changer d´hotel, et en trouvons un autre 100m plus loin, un peu plus cher mais d´un meilleur rapport qualité-amabilité/prix. Nous nous prenons encore la tete avec la pénible, qui veut aussi nous faire payer le plus possible.
 
Lorsque nous finissons par partir à moto vers les montagnes de marbre, la matinée est bien entamée. Nous prenons le petit dej´ sur la route puis nous arrivons au village des artisans sculpteurs sur marbre au pied de la montagne. Il y a des milliers de sculptures de toutes les tailles, de tous les styles, et de plusieurs couleurs différentes, ce qui est plus surprenant mais souvent très beau. Le village ancestral des artisans se cache toujours derrière les façades des immenses boutiques du bord de route, mais on utilise désormais du marbre de Chine pour préserver le site.

La montagne que nous visitons est la plus haute d´un ensemble de cinq dont chacune représente un des éléments: eau, air, terre, feu et métal. Non, le 5e élément n´est pas une jolie rousse. Cette montagne, l´eau, abrite sur ses flancs deux pagodes et de nombreuses grottes contenant des Bouddhas, dont l´une est magnifiquement éclairée par la lumière divine.
 
 
 
Au sommet, la vue à 360° sur la mer, la verte campagne et les reliefs est absolument splendide.
 
 
 
 

Une fois redescendus, nous mangeons un bùn et filons à la plage proche. Comme d´habitude nous sommes seuls, hormis un pecheur au filet et plus étonnant, un surveillant de baignade posté dans une minuscule cabane. Le sable est encore plus blanc et plus fin, la mer plus claire qu´hier.
 
 

De retour à Hoi An, nous allons manger sur l´ile et profitons de l´athmosphère conférée par les nombreuses lanternes chinoises. Nico s´essaie à un jeu folklorique où il s´agit de briser avec un baton un pot en terre cuite suspendu, avec les yeux bandés. Une sorte de pinata. Il l´atteint, mais le pot ne tombe pas malgré la précision du geste.
 
 

20/06

Nous nous levons fatigués après une nuit pénible car il a fait très chaud. Pour changer, nous prenons un petit déjeuner à l´occidentale et nous dirigeons à pied vers la vieille ville. Nous nous arretons au passage à la boutique d´un tailleur et y restons finalement 2h, le temps de commander un costume et deux chemises pour Nico ainsi qu´une robe et des sandales pour Lili. Le tout sur-mesure.

C´est donc plus tard que prévu que nous arrivons au vieux pont japounais. An Hoi fut un grand port de commerce jusqu´à ce que l´ensablement de sa rade la relègue à l´écart des affaires, presque à l´oubli. C´est grace à cela que la ville a conservé ses anciennes maisons baties aux XVII et XVIIIe qui lui valent son isncription au patrimoine mondial de l´humanité. Nous remontons donc le temps en nous promenant dans ces rues aux boutiques cloisonnées par des planches et aux imposantes charpentes soutenues par des poutres décorées. Dans les plus belles maisons, qui appartiennent à la meme famille depuis des siècles, les influences se mèlent: japonaise pour les charpentes, chinoise pour les ornementations de nacre et d´idéogrammes, et vietnamienne pour l´agencement des pièces.
 
 

Nous retournons en soirée chez le tailleur pour 1h de séance essayage (pour les retouches), puis renonçons à aller voir un spectacle traditionnel car nous sommes crevés et qu´il se met à pleuvoir des cordes, tant et si bien que les rues sont inondées. Au moins, cette nuit, il fera moins lourd! Du coup nous allons diner simplement et nous nous couchons tot parce que Lili ne se sent pas très bien.
On comprend pourquoi la ville subi chaque année une crue où l´eau monte entre 50cm et 2m de haut, obligeant les hatitants à se réfugier à l´étage des maisons anciennes.
 

21/06

Après le petit déj´ nous passons chez le tailleur où nous demandons quelques nouvelles retouches. Nous retournons ensuite à la vieille ville pour visiter ce que nous n´avons pas eu l´énergie de visiter hier. Dans un temple nous croisons un couple de français rencontré à Thakaek puis à Pakse au Laos, sympa de se retrouver 3 mois plus tard et quelques centaines de kilomètres plus loin.
 
Nous réceptionnons nos fringues ("Enfin!" doivent se dire les couturières au bout de trois retouchages), et prenons un bus réservé à notre hotel. C´est un bus-couchettes climatisé et c´est tant mieux pour Lili qui est encore un peu malade et a besoin de repos pour se remettre.


 

Commentaires

 Nicolili
Nous rentrons le 12 juillet en france. Nous sommes a Hanoi.
 Marraine Anne
Bien contente pour Lili ! Les photos sont de toute beauté, les paysages sont merveilleux. Nous sommes le 3 juillet, êtes-vous déjà rentrés ?
 Nicolili
Lili va bien, il n'y a pas eu de rechutes. La fin du sejour est un sprint et nous n'avons pas assez de temps pour publier regulierement. On va justement rajouter les photos de Hoi An tout de suite.
 Marraine Anne
Nous sommes le 28/06 et vos nouvelles datent d'une semaine. J'espère que Lili va mieux... :-/ En attendant d'autres infos plus rassurantes, la lecture de vos aventures est toujours aussi fascinante :-) Je vais de ce pas voir les photos que j'imagine déjà superbes... !



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