Nong Khiaw, une experience authentique
 
  
     

Nong Khiaw, une experience authentique

Muang Ngoi, Laos le 26/03/2013

Nong Khiaw est bien le nom de la ville, mais elle est aussi appelee Muang Ngoi. 

 

25/03

Aujourd´hui on voyage en bateau, pour changer. C´est un tout petit et étroit bateau de bois. Nous sommes 6 passagers, le conducteur et le mécanicien. On s´assoit sur de minuscules chaises en bois nu, pour le confort on repassera.

On remonte d´abord une portion du grand Mékong. Le bateau fait le plein à une station service flottante. On entend ensuite un petit raclement; pilote et mécano se parlent, et on s´arrete le long d´un banc de sable. Ils descendent, et démontent l´hélice, qui a heurté un rocher. Ils l´affutent puis la rattachent avec un fil de fer. On a encore 8h de bateau à faire... On les sent quand meme très inquiets, puis, au bout de 45mn, on accoste deux bateaux semblables aux notres pour récupérer une pièce et la monter.

Enfin, on s´engage sur la rivière Nam Ou pour la remonter jusqu´à notre destination. Très vite, on s´aperçoit que le niveau de l´eau est trés bas, comme c´est la saison séche. On slalome entre les rochers et remonte avec peine les rapides. Des pierres affleurent et créent des remous de tous les cotés.  Meme si notre embarcation est légère et à fond plat, ce n´est pas un kayak, et ca passe souvent trés fin. Enfin, on fini par rester bloqués sur un bas-fond. Nico descend pour aider les Lao à pousser le bateau. Un peu plus loin, on s´arrète encore pour relever l´hélice, une autre fois on doit faire demi-tour devant l´obstacle pour trouver un passage. A mi-chemin, on doit carrément descendre et marcher sur la berge pour permettre au bateau de franchir une barrière de rapides.

Avec tout ça on ne s´ennuie pas, et on profite en prime du paysage. On observe aussi les gens de la rivière: les pecheurs au filet, ceux sur leurs barques, ceux debouts dans l´eau (en slip), et ceux qui ont bati de gros pièges en bambou au milieu du courant pour y fixer des filets; les chercheurs d´or qui tournent leurs tamis; les enfants qui jouent tout nus dans l´eau et nous font coucou (ou montrent leurs fesses); les femmes qui lavent le linge ou la vaisselle.

La seconde partie du trajet se passe sans histoires, et nous sommes contents d´accoster finalement à Nong Khiaw pour se dégourdir les jambes et les fesses endolories par 8h de bateau. C´est une petite bourgade paisible et isolée. Etonnament, aucun tuk-tuk ne nous aborde, et pour cause, il n´y en a pas. Le village se compose de 2 rues parallèles, une sur chaque rive, reliées par un très haut pont. Nous traversons ce pont en regardant le soleil rougeoyer au-dessus des falaises et de la rivière, pas mal comme première impression!

Tout juste arrivés de l´autre coté, une jeune fille nous propose un bungalow pour la nuit, avec douche chaude et balcon donnant sur la rivière, pour 5 euros.

 

Comment refuser? Nous allons manger en face, où la carte est attrayante, mais où nous attendons plus d´une heure pour des plats finalement décevants. Nous prospectons ensuite pour connaitre la nature de excursions proposées par les agences de tourisme du coin: grottes, cascades, trek dans la nature et les villages isolés. Rien de très nouveau, et à 70 euros la journée pour 2, on préfère s´abstenir! On se débrouillera par nous memes, quitte à en faire un peu moins.

Nous passons une bonne nuit, bercés par le chant des crapauds sur la rivière.

26/03

Nous prenons le petit déj´ sur la terrasse du bungalow: noodle soup et fried rice. Il fait plus frais ce matin. Nous partons à pied vers une grotte historique à 4kms, utilisée comme refuge durant la guerre pour échapper aux bombardements. Nous avons beau nous enfoncer le plus loin qu´il nous est possible, de le faire, il n´y a pas grand chose à voir hormis les restes rouillés de deux chaises, d´une lampe à huile et un pistolet mitrailleur. Le cadre est beau, mais les explications d´un guide auraient été appréciées.

A notre retour sur la piste, nous sommes accostés par un gars du village qui nous propose de nous emmener pecher avec "internet" et nager à la rivière puis de manger, moyennant finances. Il parle anglais assez mal, mais très vite. Pas évident de tout comprendre, mais ça s´annonce sympa. Nous voilà donc remontant tous les 3 le courant dans sa petite pirogue. Il peche avec élégance et se déplace avec agilité dans l´eau peu profonde. La technique est de jeter le filet plombé sur les poissons qui passent. Il réussi a en attraper 7 touts petits et un moyen. Nico le suit tant bien que mal, et s´essaie au lancer de filet.

On rentre au petit village au bout de 2h. Il dépose les poissons chez lui et nous emmène faire un petit tour jusqu´à l´école toute neuve, batie en dur. Il nous dit qu´il est l´un des 4 profs occacionnels des 20 élèves du village, qui compte 60 habitants ( sans certitude, il se mélange les pinceaux dans les chiffres).

Il nous emmène ensuite à l´épicerie, pour qu´on achète.... des bières bien sur! Il a du mal à comprendre qu´on n´en veuille qu´une pour nous deux. Nous pensons que, selon les critères français, les laotiens sont tous alcooliques.

On va ensuite déjeuner chez lui. Sa maison est quand meme en parpaings, mais nus, quoique "ornés" par endroits de vieux posters. Il n´y a aucun meuble dans la pièce principale,  exceptée une TV en marche; des rideaux cachent les ouvertures vers  d´autres pièces comme la cuisine. On s´assoit donc par terre sur du vieux lino. La maitresse de maison amène le repas sur un plateau en fer surélevé qui sert aussi de table basse. En guise de couvert, pour tout le monde il y a seulement 2 verres et 3 cuillères à soupe pour boire le bouillon. Pour tout le reste, il faut piocher avec les doigts dans les plats et dans le panier de riz. Au menu nous avons: des petits poissons en friture, un morceau du plus gros poisson chacun, le bouillon d´herbes au gout anisé, et bien sur du sticky rice à volonté. Notre hote nous sert plusieurs fois un fond de Lao lao, l´eau-de-vie locale marinée avec des herbes. Ca semble servir autant d´apéritif que d´antiseptique pour nettoyer les verres et l´estomac. Au départ nous sommes 4 à table: notre hote (34 ans), son frère (50) ans, et nous (27 ans). Son fils (6 ans) et sa fille (2 ans) jouent autour de nous et se servent dans le panier de riz. Les grands-parents (82 et 78 ans) sont assis contre les murs et nous regardent. La maman disparait aprés nous avoir servi. La brève discussion est la meme que partout en Asie: on se demande réciproquement les prénoms, les ages et les liens de parenté, dans cet ordre.

L´athmosphère se tend un peu lorsque se joint à nous un de leurs amis, en colère parce que quelqu´un de leur entourage est décédé à l´hopital. Son arrivée est l´occasion d´aller chercher d´autres bières, donc on boit et reboit. Ah oui, il n´y a pas d´eau.

Notre pecheur nous propose de passer la nuit chez lui et de nous faire faire quelques visites le lendemain. Malheureusement, nous sentons que la proposition vise surtout à lui rapporter et nous ne voulons pas nous incruster trop longtemps dans la famille alors nous préférons refuser, et il nous reconduit en bateau jusqu´à Nong Khiaw.

Nous en repartons aussi sec, pour marcher jusqu´à une autre grotte située à 3km dans l´autre sens. Plus on avance, plus les massifs bordant la route atteignent des hauteurs vertigineuses. La grotte a servi de refuge aux élites de la région. A l´intérieur, un petit gars nous précède et nous montre les points intéressants en mimant les toilettes, l´hopital, le poste de tir. Il ne parle pas anglais. Il y a quelques pancartes: infanterie, bureau du gouverneur, salle de réunion, entrepot des sacs de sable, etc. Cette grotte, très haute et large comporte seulement 2 immenses salles. Notre guide amateur nous conduit à une deuxième grotte, qui fut le siège de la banque pendant les 6 années de guerre. Il y a de multiples salles, accessibles par des passages extrémement étroits. Il y a le guichet, la réserve, le coffre, le dortoir, les toilettes, la cuisine, etc.

Nous allons encore a une troisième grotte en marchant au fond des tranchées aménagées le long de la falaise. Elle a servi de lieu de vie et d´hopital. La première salle garde les traces d´un bombardement.

Il est difficile de concevoir les épreuves subie par les laotiens, qui ont vécu dans ces étroits boyaux pendant 6 ans, sous les bombardements incessants (un toutes les 8 minutes en moyenne).

 Nous quittons notre guide à la tombée du jour et reprenons la route de Nong Khiaw. Nous nous arretons dans un petit restaurant isolé où nous mangeons plus qu´à notre faim. Nous prenons des laaps au poulet et au poisson (viande hachée avec jus de citron et menthe fraiche). Nous expérimentons aussi le Lao coffee, un café glacé trés bon. Le couple de cuisiniers est adorable, l´homme est gaga de sa petite fille Namline.

 

27/03

Trajet Nong khiaw - Luang Namtha

Après un dernier petit déj´ avec vue sur la rivière, nous marchons jusqu´à la gare de bus. Nous embarquons dans un mini-bus pour Udomxai. Un français qui voyage en partie à vélo est avec nous, on peut discuter et ca fait passer le temps. Le trajet routier ne prend que 3h mais restera dans les annales pour son inconfort.  Notre mini-bus  est plein et ses amortisseurs sont foutus, et pour cause: nous roulons sur une piste complétement défoncée. On saute sans arret de notre siège à cause des ornières et des trous profonds qui constituent la "route". On pensait avoir tout vu après la route de Phonsavan, mais on se trompait lourdement.

On finit par arriver à la gare d´Udomxai, où on saute dans un petit bus pour Luang Namtha. Il est plein de laotiens, mais beaucoup plus confortable, surtout parce que la route est une route! Il n’y a pas de clim’, mais comme toutes les fenetres sont ouvertes ca va, sauf que ca decoiffe.

A cote de nous, une jeune fille grignote des gateaux et jette chaque emballage et la boite vide par la fenetre. Ce n’est pas la premiere fois qu’on voit faire cela et ca nous revolte. Mais que faire? L’education a la preservation de l’environnement n’est vraiment pas une priorite ici.


 

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