Boucle en moto sur le plateau
 
  
     

Boucle en moto sur le plateau

Plateau des Boloven, Laos le 08/04/2013

07/04

Une fois de plus, nous partons faire un tour en moto, pendant 2 jours. A partir de Pakse, nous rejoignons vite le plateau des Boloven, apparemment très célébre pour son excellente production de café. Mais pour nous l´interet du circuit vient surtout des nombreuses chutes d´eau qui jalonnent le parcours, et des tribus bien particulières qui peuplent quelques villages.

Les cascades impressionantes valent le détour, chacune à sa manière. A Tad Fane, l´eau fait une chute vertigineuse de 120 mètres que l´on doit observer à partir d´un beau mais lointain point de vue.

 
Tad Huan est moins haute mais bien plus large, et on peut l´explorer de la tete aux pieds pour l´admirer sous toutes les coutures. Nico prend un bon bain à son pied, meme si le climat ne le reclame pas, étant bien plus tempéré dans les Boloven qu´à Pakse.


Nous nous mettons ensuite à la recherche de la tribu Alak, et empruntons une piste de terre détrempée à la suite d´une grosse averse. Nous traversons un village dont les habitants nous hèlent au passage. Nous nous arretons, évidemment, il ne faut pas laisser passer l´occasion de faire de nouvelles rencontres. Tous les hommes du village sont occupés à siroter une mixture macérant dans une grande jarre, à l´aide de pailles de bambou longues de plus d´un mètre. Ils nous invitent à rejoindre leur cercle et, inévitablement, à boire avec eux.

 
C´est une boisson alcoolisée trés trouble au gout acre vite écoeurant. Lorsque la jarre est vide, ils la remplissent avec un seau d´eau qui semble venue tout droit de la rivière.... espérons que l´alcool tue les germes! Ils apellent ça du "Lao Hay", ou peut-etre "Lao Wine", et  ils en sont tous bien imbibés.

 
On essaie de communiquer mais la barrière de la langue est vraiment très frustrante car seul l´un d´entre eux connait quelques mots d´anglais. Nous ne savons pas quelle est la raison de cette beuverie, mais tous les hommes du village semblent partciper, et tous les enfants sont autour du cercle. Nous avons donc une bonne cinquantaine de spectateurs!

Au bout d´un bon moment, nous parvenons à poliment refuser les verres qu´on nous sert et ressert, et on s´en va prudemment, heureux d´avoir vécu ce moment de partage surréaliste.


Nous faisons un dernier arret dans un village Katu vu sur un plan, et un guide nous en fait faire le tour. Ici, chaque famille construit ses cercueils et les entrepose dans un réduit. Ils sont creusés dans des troncs d´arbres munis de petits couvercles. La cérémonie de l´enterrement est trés importante, le cimetière est un lieu tabou dans la foret.
 C´est un grand malheur que de mourir de mort violente, car on ne peut alors pas etre enterré dans son cercueil selon le rite qui permet de rejoindre les bons esprits. Avec la raréfaction des grands arbres, ils commencent à couler des cercueils en bétons, c´est dommage.

 
Ici, les hommes peuvent avoir plusieurs femmes, du moment qu´ils peuvent payer la dot. La moitié de celle-ci finance entièrement les festivités du mariage (où tout badaud peut venir manger à volonté); l´autre moitié va à la belle-famille (et sert souvent à acheter TV et parabole...). Un des hommes les plus riches a meme cinq femmes depuis qu´il a récupéré celle de son fils décédé. Les femmes peuvent se marier à partir de 8-9 ans, mais la première épouse tient une place bien plus importante que les autres. Nous voyons beaucoup de monde fumer avec des pipes à eau. C´est parce que c´est un élement important du processus de séduction, autour duquel se réunissent le soir les futurs couples pour flirter. Mais attention, pas question de sexe hors mariage, sous peine de facher les esprits et de devoir donner un buffle au village pour les apaiser. C´est pourquoi les gamins sont initiés au tabac dès 3 ans!

 
La dérnière génération qui portait les vetements traditionnels, jouait des instruments traditionnels et se tatouait le visage s´est éteinte. Les jeunes sont influencés par le style de la ville et de la télé.
Le culte des esprits est lui toujours présent, et on continue de leur sacrifier des animaux. Par exemple, le sacrifice d´un chien chasse les mauvais esprits, celui d´un buffle attire les bons. C´est ce qui est fait lorsqu´une série de malheurs, comme un épidémie, s´abat sur le village. On apprend aussi que les femmes vont accoucher dans la foret, accompagnées.

Nous arrivons à Tad Lo en fin d´après midi, allons voir les deux cascades, où les laotiens se lavent, et trouvons pour la nuit un petit bungalow avec vue sur la rivière. Petit souci le soir au moment d´aller se doucher: les tuyaux ne sont plus alimentés par l´eau de la rivière car on a fermé les vannes du barrage en amont.
Nous terminons la journée par quelques bières et un restau avec le couple trés sympa que nous avions rencontré à Pakse.
 

08/04

Ce matin nous avons du mal à quitter notre bungalow, d´une part parce qu´on y est bien, et d´autre part parcequ´il pleut. Nous profitons d´une éclaircie pour aller aux adords du marché,pour déjeuner avec une noodle soup et un fried rice.
 
Nous décollons pour de bon vers 9h30, et allons à la cascade Tad Soung. Il n´y coule qu´un filet d´eau en cette saison, mais il dégringole de la falaise à-pic d´une hauteur époustouflante.

Nous décidons d´aller voir ce que ça donne d´en bas, et nous aboutissons dans un village Katu avec son totem aux esprits au centre. C´est avec 3cm de terre collante sous les semelles et les pneus que nous en repartons.

Plus tard, nous stoppons prés d´un étal en bordure de route pour y manger un durian. C´est un gros fruit vert typique de l´asie du S-E, à l´écorce trés piquante. Il est trés odorant, à tel point qu´il est interdit d´en consommer dans les transports publics. Sa chair est trés crémeuse, avec un gout prononcé de fruit fermenté. Parait-il qu´il est déconseillé de l´accompagner avec de la biére, sous peine de faire un malaise. Il va nous faire roter le reste de la journée...
 

 

Notre derniére étape de la journée est encore une cascade... Celle-ci est puissante et large, mais on ne peut pas s´y baigner donc nous y passons peu de temps et nous allons plutot au village aménagé pour héberger les différentes ethnies employées sur le site. Nous observons les différents styles architecturaux et les objets employés au domicile comme aux champs et à la chasse.


Nous sommes retour à Pakse vers 16h, ce qui nous laisse le temps de se rafraichir, trainer et discuter un peu, réserver un bus pour demain, puis aller manger dans un bon resto indien.


 

Commentaires

 Marraine Anne
Vous paraissez être aux antipodes de l'Europe... qui doit vous sembler bien bien lointaine ! Quel voyage initiatique et de découverte...



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