L'hopital
 
  
     

L'hopital

Mandalay, Myanmar (Birmanie) le 27/01/2013

 

Rapidement l´état de Lili s´aggrave. Elle perd énormément d´eau et nous décidons d´aller à l´hôpital. On nous en indique un tout à côté, parmi les dizaines d´hôpitaux et cliniques que compte Mandalay. On arrive directement aux urgences vers 19h30, sans le savoir. Une dizaine de soignants désoeuvrés papillonnent à tour de rôle autour de nous. Après un long moment de tergiversations, un docteur arrive et la met sous perfusion. L´aiguille du cathéter était emballée stérilement, mais on leur rapelle de mettre des gants, les deux infirmières en mettent alors en rigolant. Il demande l´hospitalisation pour la nuit.

On demande alors à Nico de choisir entre 2 chambres (20 ou 35$) sans parvenir à lui expliquer la difference entre les deux. Les bruits peut-etre. Il demande une chambre individuelle et l´infirmière ne comprend pas. En fait, la question est tout à fait superflue ici. Il demande donc à visiter, attend, y va finalement avec une ASH qui ne parle pas anglais, ne peut visiter que celle à 35. Il accepte, pour accélérer les choses. On nous fait attendre encore 1h sans explication, et l´on nous redemande trois fois si on veut bien la chambre.

Pendant ce temps, les urgences se remplissent et l´inorganisation totale des soignants est bien visible. A 21h30 on nous amène un fauteuil roulant inutile et nous montons enfin dans la chambre à pied.

 

 

C´est spacieux, il y a une grande TV qui marche à peine, un grand banc de bois sculpté sur lequel Nico passera la nuit, un fauteuil et un meuble assortis. Il y a aussi l´Air conditionné, que l'on coupe rapidement car réglé à 16°. La propreté du lieu est très limite, notamment dans la salle de bain colonisée par des fourmis, et où les WC sont sales et sans PQ. Sur le lit (qui se relève avec des manivelles), il n´y a pas de draps. Le ménage sera fait deux fois pendant notre séjour, mais tres grossièrement. On assiste au défilé des ASH qui nous amènent toujours plus de bouteilles d´eau que l´on ne boira pas.

 

Pendant ces 20h, les infirmières viennent de temps en temps, toujours par 3 ou 4, prendre la tension, la température, changer les poches de perfs, donner les cachets, s´enquérir de l´évolution de l´état de Lili. Elles lui demandent plusieurs fois de pisser dans des bouteilles (sans entonnoir), mais on ne saura jamais pourquoi car aucune ne sera relevée ni même regardée. Mystère. C´est toujours aussi difficile de comprendre et de se faire comprendre. Par exemple, lorsque Lili veut essayer de manger et que Nico veut savoir si elle le peut. Heureusement, passe à ce moment là dans le couloir un jeune ingénieur électricien qui parle anglais. Il s´appelle Aung Thu et fait office d´homme à tout réparer à l´hôpital, pour 120$/mois. Il emmène Nico à la cantine du personnel, qui vend pour Lili du riz bouilli dans son eau de cuisson, bien fade! On discute un long moment avec lui, il en est ravi, il n´a pas l´air débordé.  

A 16h, le docteur vient faire sa visite et laisse sortir Lili, qui a bien récupéré grâce aux perfs.

L´heure de payer est venue. Ici, pas de forfait hospitalier. Tout est facturé: chaque bouteille d´eau, chaque acte médical, chaque visite des infirmières, les médocs, etc... L´addition tourne autour de 150$. On compte sur la Sécu.


 

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